ccaf.jpgLa grave crise politique que traverse l’Arménie depuis l’élection présidentielle du 19 février dernier et la contestation de ses résultats officiels par une partie de l’opposition a pris une tournure dramatique le samedi 1er mars, avec la répression du sit-in sur la place de la Liberté et les heurts violents entre manifestants et forces de l’ordre devant l’Ambassade de France. Jugeant que l’ordre constitutionnel du pays était menacé, le Président de la République a décrété depuis cette date l’Etat d’urgence à Erevan. Cette mesure se traduit notamment par des restrictions sur les libertés individuelles et collectives, en particulier dans le domaine de l’information.

Attaché aux valeurs de la démocratie, et convaincu que ses dysfonctionnements en Arménie sont une des causes de la crise, le CCAF s’inquiète de tout dispositif qui tendrait à aggraver la situation dans ce domaine. Fut-il provisoire.

Cependant, en même temps qu’il appelle les autorités actuelles à la retenue dans leur tâche liée au maintien de l’ordre, le CCAF demande également au mouvement de protestation de faire preuve de responsabilité dans ses initiatives à venir.

La stabilité du pays, sa pérennité, font partie du bien commun à tous les Arméniens, y compris à l’opposition. Il appartient néanmoins au pouvoir légal, qui a aujourd’hui la situation en main, de créer les conditions de la confiance. Ce qui passe selon le CCAF par un renforcement du fonctionnement démocratique de l’Arménie et, à tout le moins, par le respect de la liberté d’expression.

Paris, le 3 mars 2008

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